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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 06:22

il s'agit donc d'une autobiographie

ça n'est globalement pas drôle

mais tellement sincère

tellement la vie quoi

Isadora Duncan était une danseuse

elle réfléchit sur elle-même

sur son art

sur la place de l'art en général

sur l'art en temps de guerre

sur l'amour, la famille, la vie

on a l'impression qu'elle se livre complétement

c'est touchant et coloré

ci dessous des extraits...

Peut être était-il légèrement différent des autres, mais quel est l'homme vraiment sympathique qui n'a pas un grain de folie ?

(p 137)

"En proie à une indignation sans bornes je regardais ces pauvres ouvriers pleins de douleur emporter les cadavres de leurs martyrs. Si le train n'avait pas eu douze heures de retard, je n'aurais jamais vu ce spectacle. Si je ne l'avais jamais vu toute ma vie aurait été différente. Devant ce défilé qui semblait ne devoir jamais prendre fin, devant cette tragédie, je fis le vœu de consacrer toutes mes forces au service du peuple et des opprimés.
Comme mes amours, mes désirs, mes souffrances paraissaient alors futiles ! Comme mon art lui-même était vain, s'il ne pouvait rien contre tout cela."

(p 205)

"Pim était gentil, blond avec des yeux bleus, sans complication intellectuelle. Son amour donnait raison à la parole d'Oscar Wilde : « Mieux vaut le plaisir qui dure un moment, que le chagrin qui dure toute la vie. » Pim, me donnait le plaisir qui dure un moment. L'amour m'avait auparavant apporté le romanesque, l'idéal, la souffrance. Pim m'apporta le plaisir, le plaisir tout court, simple, charmant, et à un moment où j'en avais le plus besoin, car, sans ses bons offices, je serais tombée dans une neurasthénie sans espoir. La présence de Pim me redonna une vie nouvelle. Pour la première fois peut-être je goûtais la joie d'être jeune, de façon simple, de façon frivole. Il riait de tout, il sautait, il dansait. J'oubliais ma peine, je vivais l'heure qui passe, heureuse et insouciante. Il en résulta que ma danse, fut plus légère que jamais, légère de toute ma joie de vivre."

(p 264)

"Je compris que les richesses et le luxe ne font pas le bonheur. Il est certainement plus difficile aux gens riches d'accomplir quoi que ce soit de sérieux dans l'existence. Le yacht qui est au port les invite toujours à voguer sur la mer d'azur."

(p 294)

"Il y a des jours où ma vie me semble une légende dorée parsemée de pierres précieuses, un champ printanier où chatoient une multitude de fleurs à peine écloses, un matin radieux dont les heures sont parées d'amour et de joie ; il y a des jours où je ne trouve pas de mots pour exprimer mon extase et ma joie de vivre ; des jours où mon école me semble un rayon de génie, où je crois que son succès, bien qu'impalpable, est immense, où mon art est une résurrection. Mais il y a des jours, au contraire, où passant en revue mon existence, je ne suis remplie que d'un dégoût profond, d'une sensation de vide absolu. Le passé ne me semble qu'une série de catastrophes, l'avenir une calamité fatale, et



mon école une hallucination enfantée par un cerveau de démente.

Où est la vérité d'une vie humaine ? Qui peut la découvrir ? Dieu lui-même serait embarrassé. Au milieu de cette angoisse et de ce bonheur, de cette laideur et de cette pureté lumineuse, ce corps de chair se sent dévoré du feu de l'enfer ou transporté par l'héroïsme et la beauté. Où est la vérité ? Dieu seul le sait, ou le diable, mais j'imagine qu'ils sont tous deux également stupéfaits.

Certains jours, mon esprit est comme un vitrail à travers lequel j'aperçois des beautés merveilleuses et fantastiques, des formes splendides, des couleurs follement riches ; à d'autres jours, je ne vois qu'à travers des glaces ternes et grises un amas d'immondices qui s'appelle la Vie.

Que ne pouvons-nous pénétrer en nous-mêmes et en extraire des pensées comme le plongeur ramène les perles à la surface — précieuses perles enfermées dans le si-



lence des coquilles comme nos pensées sont enfouies dans les profondeurs de notre subconscient !"

(p 426)

"Tout d'abord le corps gracile, timide, tremblant de la jeune fille que j'étais et sa métamorphose en hardie amazone. Puis la Bacchante couronnée de pampres, abreuvée de vin, qui tombe sans force, sans résistance sous les lèvres du satyre, puis la poussée, l'épanouissement, le développement de la chair douce, de la chair voluptueuse, les seins qui deviennent si sensibles à la moindre émotion d'amour qu'ils font passer à travers le système, nerveux tout entier des torrents de plaisir ; le sexe qui se transforme en une rose épanouie dont les pétales de chair se referment avec violence sur leur proie. Je vis dans mon corps comme un esprit dans un nuage — un nuage de feu rose et de frissons voluptueux.

Quel non-sens de ne jamais chanter que l'amour et le printemps. Les couleurs de l'automne sont plus éclatantes, plus variées, et les joies en sont mille fois plus puissantes, plus terribles, plus belles. Combien je plains ces pauvres femmes dont la foi pâle, étroite, leur fait écarter le don magnifique et généreux de l'automne de l'amour. Telle fut ma pauvre mère ; elle dut à ce préjugé absurde de voir vieillir son corps à une époque de la vie où il aurait pu être magnifique. Si je fus ainsi la proie timide, puis la Bacchante agressive, maintenant je me referme sur mon amant comme la mer sur un nageur téméraire, l'étreignant, l'encerclant, l'engloutissant dans des flots de nuages et de feu."

(p 444)

Ma vie - Isadora Duncan

sinon j'ai commencé cette semaine une nouvelle activité

t'as pas fini d'en entendre parler !

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Published by mirabelle - dans lecture
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