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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 12:31

cette capacité d'oubli

je sais pas si c'est tout le monde

je mesure pas

je ne ressens pas souvent le manque

plutôt il finit par passer

je m'habitue au manque

il est présent

puis s'apaise

devient indolore

disparait

l'autre jour

revenir

retrouver le vestiaire

odeur mélangée de javel et de pisse

carrelage un peu vieilli

peinture écaillée

se retrouver au bord du bassin

comme la première fois

comme une nouvelle première fois

je savais que ça me manquait

j'en ai rêvé souvent

la mer surtout

je savais que mon corps se souvenait

mais je ne savais plus la sensation

c'est revenu d'un coup

les pieds dans l'eau

se laisser glisser dessous

nager

une heure

ça faisait dix sept semaines

j'avais oublié comme c'était bon

l'eau tout autour

allonger les bras

souffler dans l'eau

rentrer fourbue

en rester là

recommencer

sinon

c'est quoi le parfum de fleur que tu préfères ?

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 17:13

en dansant toute seule dans le salon l'autre soir

sur un mix un peu old school de spotify

commence une musique que je n'ai pas entendue depuis longtemps

va savoir, d'un coup

me vient une image de ciel bleu

de blanc

d'une mère et son enfant

va savoir comment est imbriquée la mémoire

pour qu'au bout de deux notes cette image revienne

nette et pourtant lointaine

avant d'être reprise assez récemment  par air france

cette chanson c'est une pub de mon enfance

un petit garçon

tout blond

forcément beau, habillé tout en blanc

joue à cache cache avec sa maman

la musique monte

blonde, belle, toute habillée de blanc

ils rient

ils courent

elle le prend dans ses bras

la musique enfle

j'ai vérifié

mixa

1990

va comprendre

cette chanson, et d'autres, font partie des "chansons à orgasme"

c'est à dire que ça monte doucement mais sûrement

jusqu'à exploser

comme ça t'as aussi, en vrac :

quand on a que l'amour

still loving you

shaft (et son intro de dingue)

le coup de soleil

love is in the (h)air

sinon, toi aussi t'es assez open sur la play-list ?

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29 avril 2020 3 29 /04 /avril /2020 20:13

je me rends compte quand même

la nuit quand je rêve

souvent

en ce moment encore plus que d'habitude

il y a de l'eau

il y a la mer

je me rends compte que quand je ferme les yeux

quand je pense à un endroit agréable

je pense à la mer

la mer là bas qu'on aperçoit quand on arrive en train

celle qu'on devine au bout de la rue

celle qu'on entend au pied de la tente

courir sur la plage

courir dans la mer

vivre comme des sauvages

un peu hors du monde

un peu hors du temps

un peu comme maintenant

mais là bas

combien de temps tu crois qu'on peut vivre, hors du temps ?

sans trop savoir

sinon, t'as un endroit où tu peux aller, quand tu fermes les yeux ?

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 14:48

samedi

11 avril 2020

je m’étais dit que je parlerai de l’eau

 

de la mer

de la couleur de la mer

quand le zodiac fend la surface

quand les chevaux d’écume s’en vont fougueux

de chaque côté des boudins en plastique

quand les mains, dans l’eau, un peu

quand finalement on se laisse descendre,

pour aller voir, dessous

 

ou alors…

ou alors parler de ces adultes qui apprennent à nager

celles et ceux que j’ai vus le jeudi soir

le créneau d’avant nous

les gens qui apprennent

pas des enfants

des adultes

le jeudi soir

et voir le sourire sur le visage de cette femme qui remonte : elle a plongé !

la tête la première !

la première fois !

et les autres d’applaudir

contents pour elle

aussi contents qu’elle

fiers, tous

 

j’aurais dit le courage qu’il faut

j’aurais dit l’admiration que j’ai pour ce courage.

 

adulte :

se jeter à l’eau, tout lâcher, crisper les orteils sur le rebord carrelé

pousser

se jeter

tête la première

 

je pensais parler de ça

de quelque chose qui nous éloigne un peu d’ici et de maintenant

de quelque chose qu’on refera j’espère bientôt

de quelque chose d’un peu léger

de quelque chose qui me « tient »

 

je me disais ça

 

j’avais dit « ce weekend je prends le temps d’écrire »

et puis samedi

fin d’après midi

ce moment où je me pose

j’ouvre mon facebouque

et la nouvelle…

c’est ce que je vois en premier

deux photos

un homme tient un petit enfant dans les bras

une enfant

les mots de cette enfant

cette enfant qui a grandi, que je connais un peu

ta sœur, qui parle de son papa, de ton papa

et ses mots « ton âme part au paradis »

 

je les prends en pleine poire

on a beau dire

on a beau tout ce qu’on veut

on n’est pas prêt

même si « malade », même si « hospitalisé »

ça reste des mots

rien que des mots

on n’est pas prêt

 

les souvenirs, d’un coup

un gouter chez tes parents

la maison, le jardin,

toi, lui, ta maman, mes parents, moi

il faisait beau je crois

on venait d’avoir nos diplômes

il y a pas mal d’années déjà…

sans doute ils étaient un peu fiers, nos parents

sans doute on ne mesurait pas tout

 

ton mariage,

et encore ton papa,

son sourire, sa gentillesse

la fête, la joie, nos belles robes, leurs costumes

son joli accent qui sent le soleil

sa façon de nous accueillir, de nous faire sentir en famille

 

je ne l’ai vu que dans des moments joyeux

je ne l’ai vu que souriant

je garderai cette image de lui, le sourire, le soleil

sa façon de remercier la vie qui lui avait donné « le miel et le citron »

sa façon simple de raconter son amour pour Brigitte

son amour pour vous

alors ce soir, ce n’est pas l’eau

c’est ce souvenir, cette joie de vivre

tout cet amour que je veux dire

 

je pense à vous, fort

au revoir, Willy…

sur le balcon, lettre à Sarah

sinon parfois on sent bien

que ces liens là,  c'est précieux au delà de ce qu'on pourra dire

et malgré tout, essayer de le dire quand même

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 19:11

il y a des premières fois dont on se souvient

il y a des premières fois qui comptent

il y a des fois qu'on oublie, aussi

on avait enlevé les roulettes

je dis "on"

mais ça ne pouvait être que lui, Papa

on était descendus

tous les deux

j'ai appris bien plus tard (genre bien, bien plus tard)

que Maman n'avait pas voulu,

elle n'aurait pas pu elle a dit

peur que je tombe

peur que j'aie mal

 

il a dit "regarde devant, bien devant, ne t'inquiète pas je te tiens"

il a dit ça

ou quelque chose comme ça

et on y est allé

dans mon souvenir ça se passe comme ça

dans la descente qui menait

au garage, et à l'endroit où était entreposé le kayak

sous la terrasse où on jouait, nous les enfants

ça descendait puis ça remontait, le truc idéal

tu prends un peu de vitesse

et en remontant tu t’arrêtes

tranquille

je me souviens

"je te tiens" il a dit

alors j'ai pédalé

regarde devant

devant

devant

je te tiens

il a dû lâcher à un moment

forcément

il faut lâcher

laisser aller

sans doute il avait mis sa main dans mon dos au début

puis sur la selle

ou le porte bagage (un porte bagage sur un si petit engin ?)

pour pas que je sente quand il me lâche

voilà comment j'ai appris

sans doute il y a eu des gamelles

sans doute

 

et puis un jour

bien plus tard

mais bien, bien plus tard, encore plus tard

j'ai transporté derrière moi un petit enfant

perché là sur le siège derrière la selle

quand il a posé ses mains en bas de mon dos

comme pour me pousser

je l'ai senti

comme me pousser

je t'assure

je jure

comme une main qui t'emmène

doucement

qui t'emmène

qui t'allège

qui t'accompagne

on en a parlé ensuite entre grands

ça leur fait ça aussi, à eux

quand les petits mettent les mains

dans le bas de leur dos

sur le vélo

d'un coup ils ont les jambes légères

et ils deviennent léger

c'est ça je crois, la magie

la première fois et la magie

sinon t'as déjà pris une grue de chantier pour un bateau à voiles ?

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 11:09

comme je bosse encore, à la maison, forcément je m'habille

je fais pas la blague de rester en pij en bas

je n'ai pas de bas de pij, là

je m'habille, comme d'hab ou presque

un jean, un tiche, un pull

le truc c'est les pieds

à part quand je sors (trois fois en deux semaines, les courses)

je ne mets plus de chaussures, plus de chaussettes

un jour je m'y suis mise

je me souviens de ma première paire, je m'étais forcée

quelle horreur

j'avais pris les plus kitch

les plus dorées

les moins portables, de mon point de vue

tant qu'à faire un truc contre nature

autant que ce soit drôle

c'était écrit sur la liste

il en fallait une paire

obligé

qui l’eut cru

rien que le bruit c'était laid, vulgaire

(j'ai des côtés snob tu sais)

clak clak clak quand on marche

quelle chienlit

et puis c'est des vacances en plastique

ça sent l'ambre solaire et les gosses qui crient

mais il en fallait

alors j'en avais

snob, mais bonne élève

je suis arrivée là

un peu au bout du monde

un peu à la fin d'une expédition

le train, le métro, le bus, l'autre bus, marcher encore un peu

en même temps que j'ai chopé la maladie de la plongée

(oui maladie, en ces jours de confinement ça claque bizarre)

j'ai compris que sans doute ça durerait un moment

ce truc

on en s'en sort pas comme ça

ensuite il a fallu en mettre aussi pour la piscaille

et de fil en aiguille

j'en porte été comme hiver

à la plage,  la piscaille, à la maison

comme quoi

parfois

on dit jamais

et puis finalement...

ne jamais dire fontaine...

sinon toi aussi t'en as des revirements inavouables ?

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 15:21

*ajout du 31 mars *

ce billet a suscité des commentaires et des échanges, j'en suis ravie ! merci !

je m'interrogeais sur tout ça

applaudir à 20h

sortir et applaudir

pour remercier on avait dit

pour dire merci à notre façon, aux soignants

à celles et ceux qui sortaient aussi, qui devait sortir, pour nous protéger

et je m'interrogeais

j'interrogeais des proches, des soignants

qui avaient un avis mitigé sur la question

à quoi bon applaudir si finalement

après

tout reste comme

avant ?

à quoi bon applaudir si avant on s'en foutait ?

et si on ne s'en foutait pas,

on n'avait quand même trop rien fait

quand il y avait eu des grèves et des protestations...

quelle différence entre s'en foutre et ne pas prendre position ?...

on n'avait pas levé le petit doigt.

mon dentiste par exemple avait son avis

il fait rarement dans le consensuel ou le politiquement correct

c'est vrai

il avait dit tout ça c'est de la merde

une amie infirmière n'était pas loin de penser pareil

et une médecin

cheffe de service je crois

(je perds le fil, une amie de longue date cependant !)

tous et toutes

quand même

semblaient sceptiques

et nous, dehors, chacune, chacun

quand même

applaudir

dire qu'on pense à eux, qu'on pense à vous

pour faire quelque chose

pour se déculpabiliser tu crois ?

au détour d'une conversation j'ai demandé à quelqu'un que je connais peu

et qui travaille dans le domaine de la santé

j'ai dit

" et toi, tu en penses quoi des applaudissements de 20h ?

encouragements ?

foutage de gueule vis à vis de tout ce qu'on a laissé (dé)faire dans notre système de santé ? "

voilà sa réponse

"c'est une bonne question et tu fais bien de la poser, en tous cas, moi je ne veux pas être un héros, je n'ai aucune ambition d'être un héros, je pense qu'aucun professionnel de santé n'a cette ambition. Les professionnels de santé, ils ont juste fait le choix de s'occuper de gens malades, mais en aucun cas de mourir sur le front, ce n'est pas de la chair à Covid. C'est vraiment le fantasme de notre président et de tous de vouloir faire de nous des héros, c'est insupportable, je trouve ça insupportable. En plus je trouve que le concept du héros, ça a une fonction de dédouanement de chacun "bon ben c'est bien y'a les héros qui s'en occupent", non, non, non. NON, c'est l'affaire de tous, j'en reste les bras ballants de cette histoire de héros"

je pose ça là

comme une matière à réflexion

ce qu'on fait, pourquoi on le fait ?

ce qu'on ne fait pas, pourquoi on ne le fait pas ?

et après

on fera quoi ?

je m'interrogeais

sinon, t'as découvert des trucs ces derniers jours ?

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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 14:37

comme une gosse qui aurait eu le droit de faire un truc de grand

un truc un peu dangereux

qu'on ne fait pas habituellement

mais là oui

exceptionnellement

comme une enfant

il faut faire attention quand même

mettre des gants

regarder quand on traverse la rue

ne pas couper la route aux voitures

se moucher

éternuer dans son coude

ne pas toucher son nez ou sa bouche

faire attention

on sait jamais

comme un sentiment grisant d'interdit et de liberté

descendre à fond la caisse

les pieds levés des pédales

nez au vent

à fond la caisse

descendre à l'épicerie !

comme une gosse

sinon, j'espère vraiment que tu tiens le coup, que ta famille va bien

surtout, surtout, si tu peux, si tu n'es pas réquisitionné, reste chez toi

sinon, à tous les autres, celles ceux qui travaillent pour nous

MERCI

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 12:52

posé là 

séparé du vide par une vitre

posé là

un peu dans le passage

entre la vitre et la clôture de chantier

le train est en retard

on passe

on repasse

on s'arrête finalement

parce qu'il joue

parce que c'est là qu'il joue

j'écoute

d'autre écoutent

d'autres ont l'air de vouloir y aller

de vouloir essayer

se poussent un peu du coude

un tout jeune homme

bien propre sur lui

et son pote

seize ans ? dix-huit ?

se poussent un peu du coude

le plus grand se tortille les doigts 

fait un peu des manières

s'installe

se tortille encore

s'excuse presque

puis Mozart, puis Chopin

l'air de rien

autour on fait silence

c'est beau

échanges de regards

celui qui joue

ceux qui écoutent

un autre s'est approché

"je peux ?" il fait 

il peut

dégingandé

le genre que j'ai côtoyé il y a longtemps

grandi trop vite

traces d'acné

semble se métamorphoser

éclore

alors qu'il interprète 

summertime

un autre genre

chacun comme il est

chacun comme il aime

chacun l'air de rien

qui donne

qui donne pour rien

et nous, là

écouter

recevoir

profiter

remercier

passer un moment suspendu

le piano de la gare

sinon, tu es venu avec quelles chaussures ?

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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 13:00

c’est un fait

c’est acquis

tout le monde le sait

on ne frappe pas un enfant

on ne frappe pas une femme

celui ou celle qui frappe un enfant est lâche

celui qui frappe une femme est lache

lache

moche

petit

un peu animal

plus vraiment humain

frapper c’est n’être pas adulte

pas responsable

pas vraiment humain

on apprend ça aux petits

on ne tape pas

on ne mord pas

on ne crache pas

non négociable

pas d’exception

c’est comme ça

pour tout le monde

attends deux minutes

celui qui frappe une femme est lâche

celui…

celui ?

mais alors

si une femme frappe un homme ?

il l’a mérité ?

il l’a cherché ?

il l’a pas volée ?

une femme peut frapper un homme ?

sous quel prétexte ? 

pour quelle raison ?

peut-il y avoir une raison ?

à quel moment est ce que l’enfant passe de

"on ne frappe pas" à "on ne frappe pas une fille"

et un homme ?

on peut frapper un homme ?

à quel âge on passe de la généralité au genre ?

à quel moment on convient

qu’un garçon ne frappe pas une fille

que des garçons qui se battent c’est normal

qu’une fille qui tape un garçon c’est qu’elle n’avait pas le choix ?

pas le choix ?

est ce qu’on n’a pas toujours le choix

frapper, ou pas, quand on est le premier à agir ?

 

comment on éduque les enfants

comment on conditionne tout le monde

garçons

filles

pourquoi ne pas rebattre les cartes

(seulement les cartes)

pourquoi ne pas choisir autre chose

autrement

chacune, chacun

tu cherches la bagarre ?

sinon tu crois qu'ils faisaient comment

les hommes préhistoriques

pour se couper les ongles ?

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en passant

merci de votre visite !

sauf mention contraire, le contenu de ce blog, c'est le mien : les textes, les images, les dessins, les photos, tout ça c'est à moi quoi...

pour me contacter : marmirabelle@gmail.com

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